Samoëns, 18 mars 2011.
Je me suis levée à 5 h du mat' pour faire la route de Valfréjus à Samoëns, malgré le brouillard, un certain manque de pratique de la conduite et vraiment très peu d'heures de sommeil.
Sur le spot, il fait grand beau. Rien à dire sur l'organisation, toujours aussi parfaite pour la Speed Riding Cup - merci à Philippe et Patrick et tous les autres :)
Cette année, c'est une tente Dark Dog au lieu de Red Bull. Ca fera l'occasion de goûter autre chose.
Les deux premières manches sont le slalom à la tête des Saix, le même que tous les ans en mieux, on n'a plus la porte vicieuse derrière le sapin.
La manche de reco se passe bien - j'arrive à prendre toutes les portes, un peu de justesse, sous l'Aska 8 A², c'est à dire le proto de la gamme de l'an prochain.
O surprise, je sors deuxième au slalom sur les deux manches, doublant deux personnes que je ne pensais jamais battre :). Mais Ninie est en tête - elle fait partie du team Ataka aussi, c'est pas
tout perdu. Elle a vraiment beaucoup d'avance.
Les manches sont notées sur 1000 points, elle a 10 places d'avance au général et au moins 150 points.
Bilan, j'ai aucune chance de remonter réellement au score.
Un peu dégoûtée, je vais à la soirée au Bois de Lune en ruminant des trucs du genre "j'aurais dû me pendre aux avants" (lol).
Le lendemain, ciel gris, nuages, la manche est annulée et reportée au dimanche. C'est donc le dimanche 20 que tout va se jouer.
Comme d'hab', la reco qu'on a faite le vendredi est largement insuffisante. Vu qu'il y a des risques d'avalanches, on ne peut pas directement rider du haut de la barre dans la Combe de Gers, donc
on est obligés de regarder la barre... par le dessous !
Très pratique pour reconnaître sa future ligne, non ?
Enfin, c'est là que j'ai dû être avantagée. Parce que j'ai ridé un sacré tas de spots différents, que j'ai une voile solide, sûre et calme, donc que pour rider à vue, sans connaître l'endroit,
c'est TOP.
Après la longue montée à pied - le téléski est en panne :/, on a bien chaud et c'est difficile à savoir si il faut se mettre en T-shirt ou non, vu le magnifique soleil qui règne. On essaie de
reconnaître le run du haut, mais après une petite secousse de la corniche neigeuse sur laquelle on était tous perchés, tout le monde s'est reculé.
On part dans un ordre un peu bizarre, du quinzième au premier puis du trentième au seizième (classement slalom). Ce qui fait que globalement, je pars au milieu.
Il y a un léger vent qui souffle de la droite, et la corniche de glace habituelle est quasiment inexistante. Donc on gonfle la voile en pas de patineur, vent arrière, et dès qu'on veut on
bascule.
L'avantage qu'il n'y ait pas eu de reco, c'est que la neige est vierge.
Une grande langue de poudreuse mène à la barre rocheuse. Mais de là où je ride, impossible de savoir où se trouve le couloir que j'ai repéré.
La plupart des gens ont choisi l'option à droite, se mettre face au vent et passer la barre. J'ai, encore une fois, la chance d'être sous une Aska, donc de ne pas être gênée par la vitesse à ski.
Je skie au maximum en visant un petit creux dans la neige, à l'entrée de barre, en priant pour que ce soit l'entrée du couloir.
Bien joué, c'est ça. Par contre, j'avais pas prévu que ça passait aussi serré entre la barre et l'aiguille de droite, donc j'ai un petit manque de couilles et je laisse décoller au lieu de
continuer à skier. Triste, je crois que j'ai gâché mon run.
Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, je raccroche au pied de la barre, un peu difficilement, en glissant longtemps, et je finis mon run en skiant tout ce que je peux.
Comme je suis parfaitement sûre d'avoir perdu, je prie pour que la manche soit annulée (double lol), vu que la moitié des pilotes, dont Steph, le rider mec du team Aska, sont bloqués là-haut à
cause des nuages, et je reprends l'immonde téléski du Styx (enfin, je crois qu'il s'appelle comme ça, c'est le petit côté infernal du machin), et je retourne au point d'accueil coureur.
Et là, j'attends. Et j'attends. Et encore.
Et au bout d'une demi-heure, plusieurs personnes viennent me féliciter pour mon run. Un peu étonnée, je commence à reprendre espoir. Après tout, peut-être que je ferai quand même deuxième ?
Et on arrive enfin au podium et à la remise des prix. Ils annoncent d'abord les filles.
Sabine Duvivier, 3ème.
La pression monte dans ma tête - serait-il possible que je sois passée en-dessous ?Non, Cyrilde était vraiment en retard sur les points.
Virginie Bouette, 2ème.
Et là, je commence à avoir le smile. Genre, vraiment le smile.
Laure Gicquel, 1ère.
J'ai gagné Samoëns.
Et ça, c'est un putain de chemin fait depuis Mars 2008, quand je ne savais ni skier ni voler et que j'essayais d'apprendre le speed à moitié toute seule. Depuis Avril 2009 où je suis allée à
Samoëns pour me faire éclater.
Et un bon fuck à tous les gens qui m'ont soûlé cette saison en me répétant que j'avais pas assez ridé, que j'étais sûre de perdre, que je savais pas skier, que j'étais pas parapentiste, que
j'avais des ailes machin gnagnagnagnagna.
A tous ceux qui me disaient de pas passer sur des voiles de moins de 12 m² parce que j'étais pas un top pilote.
Un grand UP à ceux qui m'ont soutenue. Mes sponsors, ASKA, AtAkA, Fluid, même si c'est pour le kite, parce qu'ils m'ont donné confiance.
Flo -évidemment-, Gaël, Alexis, mes potes de Grenoble.
Et là, j'ai un sourire idiot vissé sur le visage et j'arrive pas bien à saisir.
Je gagne une sellette GIN, en plus j'en rêvais mais j'aurais pas pu me la payer.
ASKA sur le podium en première place féminine, et en 4ème place masculine avec Steph qui fait un run d'anthologie avec passage en blind télémark - je crois que les juges ne se sont vraiment
rendus compte qu'il était en télem' qu'au moment du passage blind :D.
Et le team Ataka première place masculine avec Yo et 1ère et 2ème féminines avec moi et Ninie.
Ca, c'était un bon week-end.
Samoëns, 18-20 March 2011. 1rst and main leg of the France Championships of Speed-Riding.
I told the story with lots of text in French. I'll make it short in English.
I won.
And as I begun speed-riding alone in March 2008, and participated in my first competition at Samoëns, only two years ago, in April 2009, all this without knowing how to ski or to fly before,
it's a big victory.
A big up to the people that helped me, my sponsors, be it in speedriding : ASKA (our other rider, Steph, made 4th on the Cup), ATAKA Team (Yoan, first guy), or in Kitesurf, Fluid
Kiteboarding, because they gave me confidence.
To Florent, and Alexis, and Gaël, and my best friends and all my friends from Grenoble.
And a big fuck for the many, many ones who told me I was no good and I'd better not try flying mini-wings 'cause it was oh so dangerous and I was oh so not a good pilot. All the people that
told me the wings I'd trimmed myself was no good for competition. Those who told me I hadn't trained enough. I think about some guys in particular :p.
That was a great, great day.