La Foux d'Allos : deuxième manche des championnats de France de speed-riding

Publié le par LoganZ

 

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Les quelques photos de la face freeride sont sans riders dessus je le crains:).

 

 

Du 23 au 25 janvier 2013, rendez-vous à la Foux d'Allos. Le planning annonce premier jour reco du spot, deuxième jour slalom, troisième jour freeride.

Je me lève donc le 23 au matin pour filer vers la Foux, en empruntant joyeusement la route qui passe par Barcelonnette, sans forcément réfléchir au fait que l'entrée du Val d'Allos, c'est plus au sud. Et donc qu'il va falloir emprunter un col.

En entrant dans la vallée qui monte vers Barcelonnette, je commence à avoir un doute. J'aurais mieux fait de faire demi-tour : je me retrouve plantée devant le col, qui ne passe pas l'hiver.

Il est 9 H, on a rendez-vous à 10, je suis sacrément dans la merde. En plus, je ne sais pas à ce moment-là que je pourrais me garer à Praloup et monter en benne.

Je réussis à trouver le numéro de Jean-Marc, responsable speedriding à la fédé, et il a la gentillesse de bien vouloir m'inscrire en avance, sachant que je ne serai jamais à l'heure. Il m'a bien sauvé la vie sur ce coup-là d'ailleurs.

 

Quatre heures plus tard - je roule depuis cinq heures du matin, c'est juste neuf heures de route dans les dents - j'arrive à la Foux, avec un moral sérieusement entamé. L'endroit a l'air marrant par contre pour du speed facile, y a des faces hors piste sans cailloux de partout. Les gens sur place ronchonnent déjà que la face freeride ressemble à une piste bleue.

 

On fait la reco du slalom (voir schéma en dessous) : ils ont prévu deux slaloms avec le même départ. Y a des contrepentes de partout, certains expriment un doute sur la dangerosité de laisser des portes à peine accessibles par gravité, en haut d'une butte, avec des trous en-dessous.

Perso, je m'en fous. Comme Sabine l'a si gentiment exprimé : Gaby fait partie du comité de pilotes, parce qu'il faut une fille, et que "Laure n'a sans doute pas envie". Je ne suis donc pas impliquée dans la décision. Et ça vaut mieux, parce qu'autant je passe toujours sans problème dans les slaloms, autant quand je les regarde, ils ne me font jamais très envie.

 

Pas grand-chose à dire sur ce premier jour, je pars toute seule tenter de faire la reco du freeride et je réussis à me perdre. C'est bizarre, ce bled où y a de la neige partout et pas de traces, ça fiche un peu les jetons. Dans le genre "y a pas de traces parce que ça coule ou y'a pas de traces parce que ça finit sur de la merde ?"

 

Le deuxième jour, on enquille pour le slalom, et c'est là que ça commence, selon l'expression piquée à d'autres riders, à être Disneyland.

Les premiers runs se feront dans le premier tracé de slalom - au final, on utilisera pas le deuxième pour conditions météo. On décolle dans du pentu, à l'aplomb d'un trou. Devant nous, en ligne droite, passé le trou, y a la première porte. (Je précise que, contrairement à la Toussuire, c'est pas des portes de slalom qu'on laisse sur la gauche ou sur la droite, mais des zones de touch en quatre portes)

Première contrepente dans les dents. Mais celle-là est passable. La seconde porte, encore tout droit en traversée dans le dévers, est nettement plus risquée, difficilement accessible avec une voile au-dessus de la tête, avec un énorme trou avant.

Je me fais surprendre à chaque fois dans celle-là, mais ça passe quand-même. Sur cette porte, j'ai vu un truc génial : Omar décroche sa Fluid, rebondit sur le dos, et repart dans l'abattée sans que l'incident ait gêné son run.

Après, on bascule dans le dévers sur la troisième porte, avant laquelle c'est assez plat, on saute un caillou après la troisième, il y a une quatrième porte tout droit dans le trou après le caillou, puis on tire à gauche, vers un couloir rocheux. La cinquième porte se trouve de l'autre côté de l'entrée du couloir, sur l'épaule à gauche, après quoi on rebascule dans le couloir.

En sortie de couloir, une porte volée - des fanions, faut passer ses skis au niveau des flammes - et un catex devant, faut tout de suite tourner, se coller à la barre rocheuse à gauche au pied de laquelle se trouve la septième porte, la dernière avant l'arrivée. La dernière porte est bien collée à la barre, ça fait pas rire les mouettes quand on regarde ça d'en bas, mais elle passe nickel.

 

Maintenant que je vous ai expliqué la configuration du bordel, je précise qu'au début du premier run, les premiers dossards prennent du vent de face, taquet de vent de face : genre 40 km/h dans les rafales, avec du vent de cul à 30km/h par endroits dans le run. Les derniers (dont je fais partie) sont moins désavantagés.

Durant le deuxième run, les premiers dossards partent sans vent voir vent de cul, les derniers se prennent des grosses rafales de face (pareil, 30/40), donc sont désavantagés.

Au troisième run, on a pas pris grand-chose. C'était variable, mais ça l'était pour tout le monde, donc ça rééquilibre le tout.

Résultat, les derniers dossards (de 15 à 20), sont bien devant à la première manche, et à la troisième aussi. A la troisième, diront certains, c'est juste parce qu'ils sont bons. A la première, paraît que c'est dû au vent.

Au pied du run, le speaker annonce que je suis devant Gaby à la première et à la troisième manche. Mais je sais que, quoi qu'il arrive, elle m'a collé huit secondes d'écart à la deuxième vu que j'ai pris grave du vent. Ce qui me mettrait certainement derrière de toute manière.

Ca ne m'empêche pas de pas être motivée pour qu'on annule une manche.

Plus flagrant, c'est Guido Senoner, qui fait premier à la première manche et fait 14 secondes de plus à la deuxième - il est parti juste avant moi.

Mais de toute façon, c'est quoi cette histoire d'annuler des manches ?On a dit ce matin qu'on allait passer quatre ou cinq manches de slalom et qu'on annulerait la plus mauvaise de tous les coureurs.

Si vous réfléchissez, c'est débile : d'une, on est pas tous notés sur la même compète (heureusement, on a pas changé de run, sinon c'est inique), de deux, ça nous met trois mecs à 1000 points sur deux manches. Ce qui est relativement bizarre.

Enfin, moi, j'ai pas mon mot à dire. Je demande à ce qu'on garde les manches, ou à ce qu'on procède à un vote des coureurs - ce serait normal, puisqu'il y a au moins la moitié de mécontents.

 

Je ne me pointe pas au briefing le soir - je me suis loupée dans l'horaire - et les gars rentrent rageux à l'appart parce qu'il a finalement été décidé d'annuler la plus mauvaise manche.

Après six heures de débat, durant la soirée, on finira par décider d'annuler la première. Mais moi, je m'en fiche - j'ai vu qu'on m'a collé deux pénalités (des 2 secondes, porte passée en volant) non méritées.

Enfin, selon moi, elles sont non méritées, et surtout vu là où elles ont été notées, sur une porte que je ne peux physiquement pas passer en l'air.

Enfin, je suis pas la seule à qui ça arrive. Armin en chope une sur la première porte. Lol. Même avec une 11 tu peux pas la passer en l'air, alors avec sa Fluid 8...

Seul Valentin, qui a pris une 5 secondes, a une caméra, et peut prouver que les juges ont dû fumer quelque chose. La prochaine fois, j'prendrai ma GoPro.

Résultat, je me retrouve dans les tréfonds du classement au slalom.

 

La seule chose que j'ai à dire sur le sujet, c'est qu'en théorie, on aurait dû tout annuler. Les trois manches ont pris du vent. Selon le règlement fédé, au-dessus de 15 km/h de vent, on ne court pas. Je suis bien consciente que cette règle, c'est un peu du pipeau en speed. On peut courir dans du vent, notamment le freeride, m'enfin quand on voit les écarts que ça fait au score en slalom, c'est pas forcément une bonne idée.

 

Je comprends tout à fait l'argument du comité de pilotes selon lequel : la première manche était la plus défavorable (hmm, défavorable à qui exactement d'ailleurs - mais c'est vrai qu'il y a une dizaine de pilotes qui ont pris du vent, alors que c'est plus de l'ordre de quatre ou cinq pilotes à la deuxième), on ne peut pas annuler deux manches parce qu'il faut deux manches mini pour qu'une compète soit validée, et qu'on peut pas tout annuler parce que ce serait pas cool pour l'organisation - et qu'après tout on est un "sport amateur", de plus dépendant de la météo, ce qui ne nous permet pas de faire ce qu'on veut avec les compètes.

Mais j'ai quand même fondamentalement un peu du mal à accepter qu'on jongle avec les scores un peu n'importe comment.

 

Sur le freeride du lendemain, y a pas grand-chose à dire.Vu que je suis poursuivie par la poisse sur cette compète, j'ai oublié mon ARVA... j'ai passé une heure à supplier tout le monde dans la station de m'en prêter un - j'avais pas de quoi l'acheter sur moi - jusqu'à faire pitié à un jeune vendeur dans un SkiSet qui m'a prêté le sien.

Le premier run se court dans une grande face toute blanche, à la Tête de Vescal, un truc digne d'une pente école, mais bien sympa quand même, avec de la bonne neige, c'est un run assez long avec un grand couloir à la fin - malheureusement, c'est un couloir plat. Mais le run en lui-même est assez rigolo. Je me contente de prendre le couloir, ce qui me vaudra une dixième place qui sort vraiment de derrrière les fagots, ça ne le valait pas à mon sens, j'ai pas fait un bon run. Après j'ai pas vu tous les runs des autres non plus, et comme on est jugés les uns par rapport aux autres...

Le deuxième run se court au départ du télésiège du Pouret, y a une sorte d'entonnoir bien raide, on voit pas ce qu'il y a en dessous. Y a vingt km/h de vent de cul/travers, c'est pas ce que je préfère comme conditions, mais je fais confiance à ma voile (qui, par parenthèse, n'est toujours pas finie de régler).

Un freinage en travers, deux freinages en travers, ma voile qui flotte un peu au-dessus de ma tête - j'ai bien cru qu'elle avait fermé !-, j'ai de la visi... ah, ok, effectivement, y a pas de barre rocheuse ici. Bon ben je vais garder mes skis par terre alors.

Je skie tout en grandes courbes, en sautant avec des cross grab dans les virages, j'exploite pas la face mais en même temps je ne vois pas ce que je pourrais bien faire ici - c'est tout lisse, tout blanc, j'y vois rien tellement c'est blanc et plat. Donc autant mon départ était joli, autant le reste, c'est juste du ski rapide quoi.

Je me retrouve 19ème sur ce run. Arf, pourtant je me suis bien amusée sur celui-ci, et c'était quand même plus engagé que le premier. Pourtant, j'ai vu passer les potes, et bien évidemment hormis les cadors, je vois pas bien ce qu'ils ont fait d'exceptionnel. Skier à 20km/h en tapant les stabs par terre paye visiblement, je ferai ça la prochaine fois :D. 

Bon, pourquoi pas, au moins le scoring est drôle au freeride, entre les deux manches ça change complètement, c'est pas mal. J'ai envie que cette compète se termine et de rentrer à la maison.

 

En tant que deuxième fille... sur deux, je gagne une tomme de Savoie (en plus elle est bonne !), une chemise Sup'air et un T-Shirt Scott. Ca me va bien.

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